MA VIE MON OEUVRE MON CUL

09/03/2016 16:43

Par Loan C.Look

Ma vie, mon œuvre, mon cul

D’emblée, que les choses soient claires : je n’ai pas été soudoyé ni approché par qui que ce soit pour écrire ce post. Cette approche, c’est moi qui l’ai initiée auprès des administrateurs de cette page parce que, vous l’avez compris, il y a urgence, il y a nécessité de ne pas laisser se répandre un certain nombre d’inepties. J’informe les donneurs de leçons que je gagne suffisamment bien ma vie (et honnêtement !), mais que je suis ici, sur cette page, pour traquer la vérité.

En effet, souvenez-vous, il y a presque deux ans, vous et moi avons été forcés à faire du voyeurisme dans l’affaire entre SE et celle qui alléguait lui avoir consacré une partie de sa prime jeunesse. Sous nos yeux, nous avons toutes et tous été témoins de cette intrigue dont on avait (et qu’on a d’une certaine façon encore d’ailleurs) qu’une seule version ultra-médiatisée. Cette version unilatérale, qui se veut toujours officielle, prétend que le richissime amoureux (ou un de ses snipers) éconduit aurait, par dépit, décidé de tirer à boulets rouges utilisant des captures d’écran de leurs vidéos intimes pour se venger de cet affront.

Or, nous savons aujourd’hui que des journalistes locaux ont été rétribués pour faire mousser cette affaire. Nous savons aussi que des magazines étrangers (dont Jeune Afrique) ont été approchés par les gens du pouvoir camerounais pour vulgariser cette salacité, au point d’avoir décerné une Médaille du mérite à son auteure. Nous sommes conscients que cette campagne d’abrutissement qui dure depuis un moment n’a absolument rien à voir avec la noblesse de certains «combats» qui méritent que les hommes et les femmes s'allient et se battent tous ensemble pour faire avancer les causes ciblées. Ce qui est loin d'être clair comme message du côté de la mouvance HNK.

Celle qui s’appelle Koah depuis quelques années n’est pas Laure Manaudou, la nageuse française dont la fulgurante carrière a été ébranlée à la suite de la diffusion de ses photos compromettantes sur la Toile. Mme Koah n’est pas Pamela Anderson, ex-vedette d’Alerte à Malibu, aujourd’hui porte-parole et fervent(e) défenseur(e) de la cause animale. Nathalie Koah n’est pas Paris Hilton, la riche héritière qui n’avait pas besoin de se dénuder pour toucher le jackpot. Elle n’est pas non plus Kim Kardashian dont l’illustre papa, brillant avocat dont la défense avait permis d’innocenter l’ancien footballeur américain O.J. Simpson accusé d’avoir tué son ex-femme et l’amant de celle-ci, sert encore aujourd’hui de modèle à de jeunes aspirants au barreau américain. Des documents ont montré que Miss Anderson et les deux dernières citées, dignes filles à papa, ont respectivement conclu des ententes juteuses avec des maisons de production de films pour adultes pour pouvoir toucher des dividendes sur leurs pellicules intimes.

À défaut de savoir écrire, Mme Koah sait au moins lire. Elle a lu le scandale créé par l’affaire Zahia Dehar. Elle a caressé le rêve de se servir de ce prototype pour capitaliser sur son histoire personnelle. Elle prétend le contraire, pourtant en bonne lectrice de Closer, Voici et Jeune Afrique, cela ne pouvait lui passer sous le nez. Elle a tout fait pour s’attirer un élan de sympathie populaire et débiner son idole de jeunesse.

Cette femme a eu vent de l’affaire Lewinsky, la petite stagiaire de la Maison-Blanche qui a nuancé sa propre déposition au FBI lorsqu’elle s’est rendu compte que son supérieur hiérarchique et illustre amant, alors président des USA, avait nié avoir eu des rapports sexuels avec elle. Et récemment, Mme Koah a trippé sur l’affaire DSK. Elle a vu comment la stratégie de contre-attaque orchestrée par Me Kenneth Thompson a fait des pieds et des mains pour diaboliser l'ancien Directeur du FMI, au point de faire de la Guinéenne l’as de cœur de Nathalie Koah. La différence est que dans l'affaire du Sofitel, et tenant compte du passé sulfureux du suspect, des prélèvements effectués sur la scène du crime, on peut lui donner le bénéfice du doute à la femme de chambre.

Dans l’enivrement que lui a procuré la publication de ses photos, Mme Koah s’est improvisée auteure. Elle s’en est même vantée sur sa page IG. À cette époque, je l’ai approchée. Oui, je lui ai proposé d‘écrire son histoire. Mais pas de la façon dont elle l’a racontée. Je lui ai conseillé d’arrêter de trop en dire aux médias, du moins d’en dire peu, et de réserver l’exclusivité de certains passages à son texte. D'être cohérente et de dire les choses sans fioritures. Je savais sur quoi on aurait travaillé pour ne pas accuser gratuitement vu que les procédures étaient (et sont encore) pendantes devant les tribunaux.

Déjà, je n’étais pas addict à son compte IG et de temps en temps j’allais zieuter. Je commentais à l’occasion mais j’étais juste. Il y a quelques jours, juste avant sa tournée frénétique dans les médias français, elle m’a saqué de son compte parce que je venais de faire une analyse sommaire des contradictions affolantes (dont tout le monde pouvait s’apercevoir d’ailleurs) entre ses interviews et son livre que SE n’avait pas encore porté en référé pour en demander l’interdiction. Mme Koah a même menacé de diffuser l’intégralité de nos échanges, ce que j’ai encouragé mais chose qu’elle n’a pas faite. Et c’est le même modus operandi avec des pseudo-messages publiés sur sa page et qu’elle attribuait à son ex-goleador, sous-prétexte que ce dernier la suppliait de revenir à de bons sentiments afin de régler le litige en catimini.

Il aurait fallu, avant de brailler sur les ondes FM et de transmettre les épreuves de ce livre à l’éditeur, lui faire lire deux auteures à Mme Koah, deux contemporaines : une Française, Catherine Millet, encore vivante et une Canadienne (Québécoise), Nelly Arcan, suicidée en septembre 2009. Ces deux auteures ont elles-mêmes été des personnages de leurs récits. En effet, des partouzes d’une intello à la putain névrotique, Millet et Arcan se donnent à voir comme des filles dont la légèreté des mœurs remonte à leur plus jeune âge et dont la puberté et la défloraison n’ont fait que donner le coup d’accélérateur pour vivre pleinement le choix assumé de leur sexualité. La première par plaisir et la seconde par appât du gain. Toutes n’ont jamais incriminé qui que ce soit. Et même si la seconde a écrit Folle, elle n’a jamais nommé celui qui a été la cause directe de cette folie amoureuse au nom de laquelle elle aurait tout fait pour l’homme qu’elle aimait.

Ce «baise-seller» dont le comité d’écriture attendait les royalties avec frénésie ne verra jamais le jour, et que cela serve de leçon à celles et ceux à qui on a vendu la poudre de Perlimpinpin et qui se sentent liés par aucun pacte d’allégeance envers cette «auteure».

Des filles, de vraies, celles qui travaillent, celles dont on connaît le talent, celles qui bûchent pour gagner leur vie honnêtement et sans prendre en otage la conscience des gens. On les connaît. Elles sont peu médiatisées, ne friment pas toujours sur les réseaux sociaux, ne paradent pas avec des falbalas de perles mais leur vie sexuelle reste dans le cadre de leur intimité et leur combat ne ressemble en rien à Ma vie, mon œuvre, mon cul.

Photo de Les Dessous de Revenge Porn.