SAMUEL ETO'O RECU AU VATICAN PAR LE ST PERE

03/09/2014 00:19

Le pape François aux stars du foot : «Dites non à toute forme de discrimination»

Le pape François a reçu une délégation de footballeurs lundi au Vatican.

 

LE SCAN SPORT - Le pape François a reçu lundi après-midi au Vatican plusieurs internationaux de football et leur a confié un message de paix avant un match amical interreligieux, qui se jouera ce soir dans le grand stade de Rome à son initiative.

Le pape François cherche à promouvoir une «culture de la rencontre» pour travailler à la paix entre les civilisations. D'où son idée de réunir, lundi soir à Rome, tous les internationaux de foot qui le désiraient pour un match amical dont le bénéfice sera versé à une association de Buenos Aires, «Un'Alternativa di vita», qui soutient des enfants défavorisés.

Au Vatican se sont retrouvés notamment les Argentins Lionel Messi et Ezequiel Lavezzi, l'Italien Gianluigi Buffon, le Camerounais Samuel Eto'o, le Français David Trezeguet, l'Allemand Mezut Özil ou encore l'Israélien Yossi Benayoun et de plus anciennes stars comme Diego Maradona (Argentine), Roberto Baggio (Italie) et Andrey Shevchenko (Ukraine). Le pape François leur a personnellement adressé ce court message: «Le match de ce soir sera certainement une occasion de rassembler des fonds pour soutenir des projets de solidarité mais ce sera surtout une occasion pour réfléchir sur les valeurs universelles que le foot et le sport en particulier peuvent favoriser: la loyauté, le partage, l'accueil, le dialogue, la confiance en l'autre. Il s'agit de valeurs qui conduisent chaque personne à s'unir en dépassant la race, la culture et le credo religieux.»

Ainsi, a poursuivi le pape, cette rencontre est «un geste hautement symbolique pour faire comprendre qu'il est possible de construire une culture de la rencontre et un monde de paix, où les croyants de différentes religions, conservent leur propre identité - parce que quand je dis ‘dépasser' cela ne signifie par ‘mettre de côté': non, croyants de religions, conservant leur propre identité, peuvent vivre en harmonie dans le respect réciproque!»

Après avoir dégagé le sens de cette initiative, le pape a insisté sur la responsabilité des joueurs et sportifs internationaux: «Les gens, et spécialement les jeunes vous regardent avec admiration pour vos capacités athlétiques: il est important de donner un bon exemple tant sur le terrain qu'en dehors du stade. Dans les compétitions, vous êtes appelés à montrer que le sport est joie de vivre, joie, fête, et qu'il doit être valorisé comme tel en retrouvant sa gratuité, sa capacité de tisser des liens d'amitiés et d'ouverture aux autres (…) Par votre attitude quotidienne, chargée de foi et de spiritualité, d'humanité et d'altruisme, vous pouvez rendre un témoignage en faveur des idéaux de convivialité pacifique civile et sociale, pour l'édification d'une civilisation fondée sur l'amour, la solidarité et la paix. Voilà la culture de la rencontre. Travaillez dans ce sens.»

Le sport comme modèle contre la discrimination

Enfin, Jorge Bergoglio, qui est supporteur du club San Lorenzo de Buenos Aires a conclu: «Puisse le match de foot de ce soir raviver chez tous ceux qui y participeront la conscience de la nécessité de s'engager pour que le sport contribue à donner un apport fécond et valide à la coexistence pacifique de tous les peuples, en excluant toutes les discriminations de races, de langues et de religions. Et vous savez que discriminer peut être synonyme de mépris. La discrimination est un mépris, et vous, avec ce match, vous allez dire «non» à toute forme de discrimination.»

Chaque joueur a souscrit «un manifeste» adhérant aux valeurs de paix, de tolérance religieuse et de dialogue. Ce qui a conduit François à insister sur cette dimension: «Les religions, en particulier, sont appelées à se faire les véhicules de paix et jamais de haine, parce qu'on ne peut que porter l'amour au nom de Dieu. (…) Je vous confie donc à tous ce message pour ce match: ouvrez vos cœurs de frères à frères! C'est l'un des secrets de la vie. Telle est la dimensions la plus profonde et authentique du sport»

La présence de joueurs israéliens a toutefois provoqué le forfait de l'Egyptien Abou Treika, qui a refusé de jouer avec des «sionistes».

( article repris du Figaro édition du 1er septembre 2014)